Logement
3,1 millions de logements vides. 350 000 sans-abri. 2,9 millions en attente d'un HLM.
Le logement est devenu en France un actif financier comme un autre. On l'achète, on le loue, on le revend avec plus-value. Le problème, c'est qu'un actif financier répond à la logique du marché, pas aux besoins humains. Résultat : les prix ont été multipliés par 3,3 depuis 1996 (INSEE), bien au-delà des salaires. Un studio à Paris nécessite aujourd'hui environ 3 500€ de revenus mensuels pour louer. La France compte 38,4 millions de logements pour environ 30 millions de ménages, le problème n'est pas le nombre total, c'est la distribution : 3,1 millions de vides, 3,8 millions de résidences secondaires, 4% des propriétaires qui contrôlent 1 logement loué sur 2.
La France compte 38,4 millions de logements pour 30 millions de ménages, plus d'un logement par ménage. Le problème n'est pas le nombre total, c'est la distribution et l'accessibilité. 3,1 millions vides, 3,8 millions de résidences secondaires, Airbnb qui retire des milliers de logements du marché résidentiel. Construire davantage sans réguler le marché, c'est construire des logements supplémentaires pour les investisseurs.
Un propriétaire de 10 appartements parisiens n'est pas un investisseur productif créant des emplois, c'est un rentier qui capte une richesse produite par la collectivité (transports, écoles, services publics) sans y contribuer davantage. La valeur d'un appartement parisien monte parce que la ville s'améliore grâce aux impôts de tous. C'est de la rente socialisée privatisée.
Paris a mis en place l'encadrement des loyers en 2019. Résultat documenté : légère baisse des loyers dans les zones concernées, sans effondrement de l'offre. À Vienne (Autriche), où 60% du parc est social ou régulé, les loyers sont deux fois moins chers qu'à Paris avec une offre abondante. L'argument 'ça réduit l'offre' est l'argument de ceux qui profitent du marché non régulé.
Le logement social coûte de l'argent public. Les aides à l'investissement locatif aussi (dispositif Pinel, PTZ, etc.), et elles bénéficient principalement aux classes moyennes et supérieures. La question n'est pas 'dépense ou pas', c'est à qui profite la dépense. Un logement social bien géré sert des dizaines de familles sur 50 ans. Une aide à l'investissement locatif enrichit un propriétaire.
Airbnb et autres plateformes ont retiré des centaines de milliers de logements du marché résidentiel dans les grandes villes. À Paris, on estime à plus de 30 000 les appartements transformés en locations touristiques permanentes. C'est autant de logements qui ne sont plus accessibles aux habitants. La liberté d'un propriétaire de spéculer ne peut pas primer sur le droit à un logement décent.
"Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien-être, notamment pour le logement."— Déclaration universelle des droits de l'homme, Article 25, ONU, 1948