Hôpital public
L'OMS classait la France n°1 mondial en 2000. En 2025, 87% du territoire est en désert médical.
La France avait le meilleur système de santé au monde selon l'OMS en 2000. En 2025, 6,7 millions de Français n'ont pas de médecin traitant. 87% du territoire est classé en désert médical, y compris des zones périurbaines proches de Paris. Ce n'est pas une fatalité, c'est le résultat de décisions politiques précises : fermeture de lits hospitaliers (40 000 depuis 2013), numerus clausus qui a réduit les admissions en médecine de 9 000 à 3 500 étudiants par an dans les années 2000 (on récolte aujourd'hui ce qu'on a semé), et la T2A (tarification à l'activité introduite en 2004) qui pousse les hôpitaux à faire du volume rentable plutôt qu'à prévenir et soigner en profondeur.
Le privé lucratif choisit ses actes rentables (chirurgie programmée, maternité de confort) dans les zones aisées. L'hôpital public prend tout le monde, 24h/24, y compris les cas lourds, les urgences vitales, les patients précaires, les soins psychiatriques. Comparer leurs 'performances' sans tenir compte de cette différence fondamentale, c'est comparer un restaurant gastronomique et les Restos du Cœur sur leurs marges bénéficiaires.
Déficit de la Sécu : environ 18 milliards en 2024. Évasion fiscale : 80-100 milliards. Niches fiscales : 90 milliards. Avant de demander aux malades de payer plus, il y a d'autres pistes. Et 'responsabiliser les patients', c'est souvent un euphémisme pour 'laisser les pauvres sans soins', les riches se soignent de toute façon.
Un médecin est formé 10 ans à 200 000€ de frais publics et bénéficie d'un monopole légal de l'exercice médical. Vétérinaires, pharmaciens et notaires ont des contraintes d'installation. Les médecins, non. C'est un choix politique, pas une nécessité. Et la demande existe, il n'y a pas de désert médical faute de patients.
La télémédecine est utile pour des consultations de suivi ou des urgences sans déplacement possible. Mais elle ne remplace pas un examen clinique, ne permet pas une auscultation, ne peut pas prescrire d'analyses sans qu'elles soient réalisées localement. C'est un complément, pas une solution systémique aux déserts médicaux.
Un médecin est formé pendant dix ans avec environ 200 000 euros de fonds publics et bénéficie d'un monopole légal sur la médecine. Les pharmaciens et notaires ont des contraintes géographiques d'installation. Les médecins, non. C'est un choix politique de 2002. Résultat : 6,7 millions de Français sans médecin traitant. La liberté totale d'installation n'est pas une nécessité : c'est un privilège de corporation.
"De toutes les formes d'inégalité, l'injustice en matière de santé est la plus choquante et la plus inhumaine."— Martin Luther King Jr., discours devant l'Association médicale nationale, 1966